Je me penchai par la fenêtre, le corps en avant pour saisir un pan de lune. L'air frais me caressait le visage. La brise légère creusait dans la mémoire. Les anfractuosités temporelles, dans la tête mobile, s'infiltraient profondément. Je me souvins d'un jardin, d'un soir. Des allées de terre sombre qui plongeaient dans la végétation dense, écroulée sous le parfum des fleurs d'oranger, du jasmin.
Je marchais lentement dans un des soirs de ma vie. J'écoutais la distance.
Une enfant avait couru sous des palmiers souverains.