
Il baissa doucement la tête. Il tâchait de ne pas écouter. Son sang refluait, c'était son équinoxe à lui. Dehors, une quantité surprenante d'autres êtres qui, comme lui, contenaient des mondes insondables, se démenait, allait, venait, de gauche à droite, de bas en haut, de long en large etc. Ce fourmillement invraisemblable, cette parenté inconcevable qui le liait à eux le transportaient.
Cet instant monstrueux, tant intense qu'il respirait à peine, avait tout l'air d'une porte entrebaillée qui l'invitait au delà. La largeur du fleuve, décuplée par la lumière abrupte du zénith, déployait des bras liquides vers lui et d'autant son coeur s'ouvrait. Il craignit sans y croire que l'organe aurait cédé sous une telle pression interne.
Comme il n'en fut rien, ravi, il posa cette tête sienne contre la paroi fraîche et blanche du navire. Le vent régulier et fort, les heurts saccadés de l'embarcation sur la surface dure de l'eau, les embruns sur le visage, l'incidence de la lumière, tout cela à la fois et aussi ce qui ne s'éprouvait pas, ni ne pouvait se voir, tout cela à la fois dessinait dans le jour béant des indices transparents.
Commentaires
il est de ces voyages ... qui conduisent à nous-mêmes !
commentaire n° : 2
posté par :
Leloire Marie-Claude
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le: 04/05/2008 16:50:50
On part tout de suite avec toi ...je prends tout ce que je comprends et tout ce qui demeure hermétique pour moi, comme avec la pure poésie.
commentaire n° : 3
posté par :
Aux éclats !
(site web)
le: 05/05/2008 18:36:08
Se sentir faire partie du tout VITA
commentaire n° : 4
posté par :
vita
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le: 07/05/2008 12:18:19
(com à supprimer après lecture)
Ce fourmillement invraisemblable, cette parenté inconcevable qui le liait à eux le transportaient.
Je ne suis pas sur du "transportaient" : si c'est la parenté ne serait-ce pas plutot "transportait" ?
Ce fourmillement invraisemblable, cette parenté inconcevable qui le liait à eux le transportaient.
Je ne suis pas sur du "transportaient" : si c'est la parenté ne serait-ce pas plutot "transportait" ?
commentaire n° : 5
posté par :
kronsilds
(site web)
le: 10/05/2008 10:41:48
merci mais non! ce sont et ce fourmillement et cette parenté qui le transportaient
réponse de : jamaisvertige (site web)
le: 12/05/2008 10:04:44
N'a t'il pas eu tord, de son équinoxe, ne pas en franchir la porte, d'embrasser à son tour ces bras qui accueillaient son coeur ?
commentaire n° : 6
posté par :
kronsilds
(site web)
le: 10/05/2008 10:44:44
ta synthèse est parfaite oliv...
réponse de : jamaisvertige (site web)
le: 12/05/2008 09:59:53
Et bien pour une fois ! :) Merci...
commentaire n° : 7
posté par :
kronsilds
(site web)
le: 12/05/2008 22:54:21



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