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Mercredi 31 octobre 2007











par jamaisvertige publié dans : jamaisvertige
Mardi 30 octobre 2007

- 'Ah mais certainement pas! On aura tout vu!'
La jeune dame s'agitait sur le trottoir et serrait son sac à main contre son corps comme si une ombre impromtue lui avait glissé à l'oreille qu'on en avait après lui.
Le vendeur de légumes frais, derrière son étalage parfumé de basilic de tomates de poireaux de haricots de courgettes et j'en passe, parce que ce serait long, la regardait sans comprendre, comme s'il voyait la lune pour la première fois, sur le boulevard, et un jour de marché par dessus le marché.
- 'On aura tout vu!' répétait-elle et le vendeur se demandait ce qu'on avait tout vu et quand et quoi exactement.
La femme continuait de s'agiter et de vociférer mais la foule miséricordieuse la soustraya (eh bien non justement, on ne peux pas soustraire au passé simple, ça n'existe pas, on peut soustraire aux autres temps, mais pas non plus au subjonctif imparfait, mais qui en avait envie d'autre part? ) donc la foule miséricordieuse déferlant enchanteresse entre les étalages du marché soustrayait petit à petit la femme vociférante au regard du vendeur qui loin d'avoir tout vu lui, souriait un brin de célerie entre les dents.
Lundi 29 octobre 2007
De l'océan à la source
De la montagne à la plaine
Court le fantôme de la vie
L'ombre sordide de la mort
Mais entre nous
Une aube naît de chair ardente
Et bien précise
Qui remet la terre en état
Nous avançons d'un pas tranquille
Et la nature nous salue
Le jour incarne nos couleurs
Le feu nos yeux et la mer notre union
Et tous les vivants nous ressemblent
Tous les vivants que nous aimons

Les autres sont imaginaires
Faux et cernés de leur néant
Mais il nous faut lutter contre eux
Ils vivent à coups de poignard
Ils parlent comme un meuble craque
Leurs lèvres tremblent de plaisir
À l'écho de cloches de plomb
À la mutité d'un or noir

Un seul cœur pas de cœur
Un seul cœur tous les cœurs
Et les corps chaque étoile
Dans un ciel plein d'étoiles
Dans la carrière en mouvement
De la lumière et des regards
Notre poids brillant sur terre
Patine de la volupté

À chanter des plages humaines
Pour toi la vivante que j'aime
Et pour tous ceux que nous aimons
Qui n'ont envie que de s'aimer
Je finirai bien par barrer la route
Au flot des rêves imposés
Je finirai bien par me retrouver
Nous prendrons possession du monde

(Paul Eluard, Poésie ininterrompue, 1946)
par jamaisvertige publié dans : jamaisvertige
Dimanche 28 octobre 2007

Des feux d'artifices retentissaient dans la nuit noire. En se penchant par la fenêtre on voyait leurs couleurs exubérantes retomber telles d'immenses méduses marines (y a-t-il des méduses terrestres? non je ne crois pas) comme d'immenses méduses colorées non... comme d'immenses anémones de mer (si il y en a aussi sur la terre).
En se penchant par la fenêtre, l'air frais froid pinçait la peau du visage tendu vers... On ne penchait pas le visage par la fenêtre parce qu'il fallait immédiatement la refermer. Il s'était mis à neiger (oui exactement) et la tempête qui se levait dans la rue (parce qu'elle n'affligeait pas le reste de la ville, étant circonscrite à un quartier isolé et malchanceux) obligeait la foule des curieux réunis sur la place pour admirer les feux à courir dans tous les sens pour échapper au déluge de flocons.
Très vite la rue fut couverte d'un manteau blanc (non... manteau blanc non) La neige fondit en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
L'artificier regardait pantelant ses feux trempés.
En se penchant par la fenêtre la nuit silencieuse était adorable et les étoiles qui scintillaient sur sa voûte, un délice pour les yeux avertis qui préfèrent les astres aux désastres!
Samedi 27 octobre 2007

Elle se retrouva debout à l'angle de la rue. Elle regardait disparaître la deux-chevaux de ses amis dans le flux matinal. Tout y était. Corps et âme. Elle contempla un instant ses mains et releva les yeux sur le boulevard éclaboussé de lumière. Le ciel était limpide. Elle se mit à bouger et instinctivement, commença à marcher en direction du port.
Les étals de poissons luisaient sous le soleil. Dans l'eau douce les poissons se contorsionnaient encore. L'un réussissait à passer sous les autres mais un autre se débattait et la ronde s'ensuivait à la recherche d'un air absent. La foule pressait, les vendeurs criaient dans le matin violent.
Tout y était.
Tout était là, mystérieusement mêlé aux cris, au bruit de la rue, de la foule, aux poissons agonisants. Dans l'attente iodée, sous un ciel muet et clair, dansait la petite flamme, patiente et vive, qui se nourrissait de l'air dense d'une matinée comme une autre.

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