Cajou m'a demandé de révéler sept secrets. Encore me faudra-t-il en trouver un. Puis deux. Et
ainsi de suite. Je peux chercher. Et trouver, cela va de soi. Je pourrais en découvrir sous mon tapis, derrière la commode ou sous l'armoire à balais. Si j'avais une armoire à balais. Ou une
commode. Je vais regarder sous le tapis.
1 Je ferme ma bouche sept fois avant de l'ouvrir.
2 Je regarde le ciel et les étoiles du firmament comme mes pieds, la fourchette qu'elle met dans sa bouche, ou ses sourcils, ou l'angle que font deux rues quand elles se rencontrent, ou encore comme un ballon, une poussette, un parapluie, un téléphone portable etc.
3 Je me dis parfois (certains jours de grande lumière ou d'orage) que l'exception confirme l'exception, et non la règle qui est infirmée par l'exception qui confirme l'exception qui infirme la règle.
4 Je me dis parfois (certains jours de pluie ou de sirocco) que les adultes sont décadents et que les enfants ne le sont pas.
5 Je ne prends pas les vessies pour des lanternes. Mais parfois les lanternes pour des phares en pleine mer par temps houleux.
6 J'aime cette éternité éphémère, infiniment et sans condition.
7 Je préfère le pire au moindre mal parce que le pire nous pousse à vouloir le dépasser tandis que le moindre mal nous accueille à bras ouverts dans ses fauteuils de velour pourpre.
Je tends le flambeau aux sept nains, le marchand de sable est passé et il est l'heure pour moi de me retirer. Je tiens à ajouter avant de tirer le rideau, que la nuit est claire et la pluie d'étoile qui couvre mon chef, royale.
1 Je ferme ma bouche sept fois avant de l'ouvrir.
2 Je regarde le ciel et les étoiles du firmament comme mes pieds, la fourchette qu'elle met dans sa bouche, ou ses sourcils, ou l'angle que font deux rues quand elles se rencontrent, ou encore comme un ballon, une poussette, un parapluie, un téléphone portable etc.
3 Je me dis parfois (certains jours de grande lumière ou d'orage) que l'exception confirme l'exception, et non la règle qui est infirmée par l'exception qui confirme l'exception qui infirme la règle.
4 Je me dis parfois (certains jours de pluie ou de sirocco) que les adultes sont décadents et que les enfants ne le sont pas.
5 Je ne prends pas les vessies pour des lanternes. Mais parfois les lanternes pour des phares en pleine mer par temps houleux.
6 J'aime cette éternité éphémère, infiniment et sans condition.
7 Je préfère le pire au moindre mal parce que le pire nous pousse à vouloir le dépasser tandis que le moindre mal nous accueille à bras ouverts dans ses fauteuils de velour pourpre.
Je tends le flambeau aux sept nains, le marchand de sable est passé et il est l'heure pour moi de me retirer. Je tiens à ajouter avant de tirer le rideau, que la nuit est claire et la pluie d'étoile qui couvre mon chef, royale.
par jamaisvertige
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la curieuse compagnie

Non loin d'elle, le ressac. Des oiseaux crient. Le paysage s'efface dans un rongement
continu. Le monde, ce qu'on appelle le monde, croule en silence. Doucement. Il ne reste rien. Que le ressac entêtant. L'air vif. Le ciel limpide et glacé. Marcher. Dans le sable
enfoncées, les bottes de cuir sombre. Sur le front non pas des perles de pluie venues d'un pays où il ne pleut pas, non, non, des perles de sueurs venues d'un songe intérieur qui n'osait plus
être songé. Non pas inconcevable, mais inconçu. Les poings dans les poches et sur les i. Le monde clair comme un plein jour de pleine lune éclatante et croissante, main dans la main avec un
soleil au zénith.
Un peu plus en avant, elle devient ce qu'elle est. Elle n'a jamais eu rien d'autre à faire. En cela, elle n'a pas changé. Et plus elle a changé plus elle est devenue ce qu'elle était.
Un peu plus en avant, elle devient ce qu'elle est. Elle n'a jamais eu rien d'autre à faire. En cela, elle n'a pas changé. Et plus elle a changé plus elle est devenue ce qu'elle était.
par jamaisvertige
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Il se retourna immédiatement et ce qu'il vit le laissa de glace. Un rayon de soleil se frottait à sa surface lisse qui
se mit à fondre. Un passant le toucha du bout d'un doigt qu'il porta à sa bouche curieuse. L'homme avait bon goût. Il suffisait d'ailleurs de voir comment il était vêtu, et de pied en
cap.
Il se liquéfiait à vue d'oeil. Il avait déjà perdu la tête quand une jeune fille le croisa. Elle fit de même, par compassion.
Il se liquéfièrent ensemble très longtemps.
Il se liquéfiait à vue d'oeil. Il avait déjà perdu la tête quand une jeune fille le croisa. Elle fit de même, par compassion.
Il se liquéfièrent ensemble très longtemps.
par jamaisvertige
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Que le plus court chemin de A à B soit la droite et qu'Euclide soit passé à la postérité pour avoir, entre autre, j'en
conviens, stipulé qu'une ligne est une longueur sans largeur, n'est plus pour aucun de nous matière à stupeur.
D'autre part, j'en conviens encore, et parce que mes lecteurs sont illuminés, plus grand chose n'est à nos yeux embués matière à stupeur. Il suffit de regarder un journal télé pour s'étonner qu'à sa fin, ses spectateurs aient encore leur tête sur leurs épaules ( pour peu qu'ils aient une tête et deux épaules comme d'ordinaire c'est le cas, mais nous acceptons aussi les exceptions) ( parce qu'elles confirment la règle) je disais donc, pour s'étonner que ses spectateurs aient encore leur tête sur leurs épaules et baillent tranquillement aux corneilles en se grattant le cuir chevelu ( j'en conviens, lecteur illuminé, ceci évoque plus l'ami dont l'homme descend - peut-être - que l'homme en question, qui peut aussi bien être une femme, mais là, les choses se compliquent toujours d'ordinaire et nous n'entrerons pas dans ces détails, en l'occurence).
Imaginons donc qu'au réveil, vous vous trouviez face à une montagne. Et enneigée de surcroît. Pour faciliter la difficulté. Quel sera le plus court chemin pour la dépasser? Je vous laisse réfléchir un instant.
Lecteur illuminé! Mais bien sûr! Le plus court chemin pour la dépasser et se la laisser derrière est bien sûr l'escalade rectiligne, relief permettant, cela va de soi.
Eh bien, vous saurez très vite où je voulais en arriver. Il est inutile de tourner plus longtemps autour du pot aux roses. ( Pardon?)
Comment commencer sa journée à 9 heures ( je suis large, pas comme la droite) quand on a une montagne à escalader au réveil? Je vous pose la question parce qu'à ce jour je n'ai pas trouvé la réponse.
Ce doit être que je ne la cherche pas au bon endroit. Ou que je ne range jamais mes affaires.
D'autre part, j'en conviens encore, et parce que mes lecteurs sont illuminés, plus grand chose n'est à nos yeux embués matière à stupeur. Il suffit de regarder un journal télé pour s'étonner qu'à sa fin, ses spectateurs aient encore leur tête sur leurs épaules ( pour peu qu'ils aient une tête et deux épaules comme d'ordinaire c'est le cas, mais nous acceptons aussi les exceptions) ( parce qu'elles confirment la règle) je disais donc, pour s'étonner que ses spectateurs aient encore leur tête sur leurs épaules et baillent tranquillement aux corneilles en se grattant le cuir chevelu ( j'en conviens, lecteur illuminé, ceci évoque plus l'ami dont l'homme descend - peut-être - que l'homme en question, qui peut aussi bien être une femme, mais là, les choses se compliquent toujours d'ordinaire et nous n'entrerons pas dans ces détails, en l'occurence).
Imaginons donc qu'au réveil, vous vous trouviez face à une montagne. Et enneigée de surcroît. Pour faciliter la difficulté. Quel sera le plus court chemin pour la dépasser? Je vous laisse réfléchir un instant.
Lecteur illuminé! Mais bien sûr! Le plus court chemin pour la dépasser et se la laisser derrière est bien sûr l'escalade rectiligne, relief permettant, cela va de soi.
Eh bien, vous saurez très vite où je voulais en arriver. Il est inutile de tourner plus longtemps autour du pot aux roses. ( Pardon?)
Comment commencer sa journée à 9 heures ( je suis large, pas comme la droite) quand on a une montagne à escalader au réveil? Je vous pose la question parce qu'à ce jour je n'ai pas trouvé la réponse.
Ce doit être que je ne la cherche pas au bon endroit. Ou que je ne range jamais mes affaires.
Mea culpa,
mea culpa,
mea maxima culpa.
mea culpa,
mea maxima culpa.
par jamaisvertige
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la curieuse compagnie

Il marchait depuis peu. C'était simple, il n'avait fait que quelques pas. La rue ouverte, criante vers le ciel si près, à toucher du bout
des doigts, immense, adorable. Accroché à un téléphone portable comme un fil à la vie béante, il tournait un peu en rond. Il la vit. Elle se baissa pour ôter de la poussière de son manteau de
laine noire. Elle insistait plus qu'il ne fallait et regardait son manteau un peu plus qu'il n'était nécessaire, si cela l'avait jamais été. Sans y résister, on ne saute pas toujours à pieds
joints dans le bonheur.
par jamaisvertige
publié dans :
la curieuse compagnie


