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Samedi 12 janvier 2008

Era sempre così la prima volta. Qualcuno entrava nel negozio, salutava e nessuno rispondeva. Il cliente si ritrovava schiacciato sotto un peso scomodo di sguardi ostili e di labbra serrate per non dire attanagliate e che tali rimanevano finché l'intruso, sentitosi di troppo, non fosse uscito, scusandosi per la sua nascita, che peraltro non era stata del tutto di sua competenza, anche se non negava che qualche responsabilità magari, poteva anche averla in merito, ma insomma, non era quello il problema anche perché non c'erano problemi del resto, arrivederci.
In poche parole, come in tante, i proprietari del negozio avevano l'arte di mettere a disagio i clienti che per la prima volta oltrepassavano la soglia dell'angusto spazio nel quale passavano la maggiore parte del loro tempo che era denaro e in effetti si contavano a centinaia gli spiccioli che galleggiavano nell'aria.
Quello era un quartiere di fannulloni inveterati che altro non avevano ricevuto dai loro antenati se non debiti, il che presentava il vantaggio di non doversi disturbare, di trovarseli già fatti e quindi di risparmiare un pò di quel tempo che cominciava presto per loro ad essere denaro.

Samedi 12 janvier 2008

photo Sally Mann

Rien ne l'aurait jamais convaincu qu'à l'instant de la perdre il en eût éprouvé quelque regret. Il aimait cette lande obstuse, frappée par le vent comme par la stupeur et son odeur de poussière iodée, d'algues, ses cris de mouettes aigus lancés à l'horizon comme des imprécations démentes. La liberté certainement, qui coulait dans ses veines saines encore, à peine viciées par la fréquentation sporadique des écoles dont on avait eu soin de l'éloigner sous couvert, chaque fois et par crainte du scandale,  de raisons douteuses mais dont au fond, il tirait sa joie : sa place était ailleurs et sans explications. Hors de leurs murs sales où résonnaient les cris joyeux de ses compagnons qu'il était toujours désolé de devoir quitter mais qu'il portait dans son coeur comme ses bras à ses deux épaules.
Jeudi 10 janvier 2008




Cher René,
comme tu l'auras sans doute imaginé, j'ai préféré hâter mon départ et de la sorte, éviter de rencontrer L. Non que l'envie
m'ait manqué de revoir cet être si étrange, si intérieur, ni même le courage.
C'est autre chose. Il m'est pour l'heure difficile de t'en dire plus. J'ai rêvé plus éveillé que jamais. Il n'existe pas qu'un seul monde.
Je te serre contre moi,
André


Cher René,
j'ai su qu'André était parti ce matin. Il ne m'aura pas devancée, je t'écris de Dieppe. Aussi loin que mon coeur cherche, il ne trouve que vent, vent et vent. André est la première pierre que je rencontre.
Laure

ps : écris-moi poste restante à la T d'Or
Ce matin dans le train j'ai surpris par dessus l'épaule de mon voisin une phrase qu'il avait surlignée « La bouche qui profère le mensonge donne la mort à l'âme »
Mercredi 9 janvier 2008


Pourquoi m'étais-je arrêté? Etait-ce ce visage étrange? Ces deux yeux mobiles? Tout cet être curieux et nouveau, familier et inconnu? Pourquoi m'étais-je arrêté? Debout, j'attendais. Je ne bougeais presque pas. Elle se rétracta, fit demi tour et me fit face. Elle souriait. Tout son visage souriait. Je pris de plein fouet ce sourire franc sur ma face à moi et je sentis dans mon torse se serrer et s'épanouir quelque chose. Quelque chose qui palpitait, comme une couronne de pétales qui se serait ouverte, radieuse. Je ne bougeais toujours pas. L'attirais à moi. Elle crut venir de son plein gré. Je l'appelais, je l'appelais... Nous étions dans un brouillard clair, une mer enveloppante et limpide.
La caresse de la nuit était totale, l'éveil abrupt, simple.
Comprendre? Quoi?


Mardi 8 janvier 2008























Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud!

Tes dix-huit ans réfractaires à l'amitié, à la malveillance, à la sottise des poètes de Paris ainsi qu'au ronronnement d'abeille stérile de ta famille ardennaise un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller aux vents du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine. Tu as eu raison d'abandonner le boulevard des paresseux, les estaminets des pisse-lyres, pour l'enfer des bêtes, pour le commerce des rusés et le bonjour des simples.

Cet élan absurde du corps et de l'âme, ce boulet de canon qui atteint sa cible en la faisant éclater, oui, c'est bien là la vie d'un homme! On ne peut pas, au sortir de l'enfance, indéfiniment étrangler son prochain. Si les volcans changent peu de place, leur lave parcourt le grand vide du monde et lui apporte des vertus qui chantent dans ses plaies.

Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi.

René Char Fureur et mystère

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